top of page

Les bienfaits du jardinage en psychiatrie

  • 19 nov. 2025
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 3 jours


Le jardin comme espace d’apaisement et de soutien thérapeutique


Bien plus qu’une activité en plein air, le jardinage s’impose depuis de nombreuses décennies comme un véritable outil thérapeutique au service de la santé mentale. En effet dès le 19ème siècle, Benjamin Rush - considéré comme le « père de la psychiatrie américaine » - observait les effets positifs du travail au jardin pour les « aliénés ». Cette pratique appelée hortithérapie, offre aux patients un espace où nature, soin et relation humaine se rejoignent, et vise des objectifs thérapeutiques précis et mesurables.


L’hospitalisation en psychiatrie s’accompagne souvent d’un fort niveau d’anxiété, nourri par la contrainte d’hospitalisation et la médication. Dans ce contexte, le jardin devient alors un lieu d’apaisement, favorisant la détente et la concentration, tout en étant riche en stimuli. Il offre ainsi un cadre propice au travail thérapeutique, permettant de créer une ouverture à l’autre et un lien de confiance.


Un outil puissant pour le rétablissement et l’estime de soi


Les études montrent que la pratique régulière du jardinage en psychiatrie réduit significativement les symptômes d’anxiété et de dépression, quel que soit le trouble. Elle contribuerait même à limiter les comportements auto ou hétéro-agressifs, à diminuer le recours à la contention et à favoriser la socialisation.


Les bénéfices observés ne s’arrêtent pas là : amélioration de la qualité de vie, de la capacité d’ancrage dans le réel et le temps, renforcement du sentiment d’efficacité personnelle et de l’estime de Soi. La relation au vivant réactive le plaisir sensoriel, le goût de l’effort physique et la fierté de faire pousser. Manger les fruits de son travail devient une source de satisfaction, de partage et de lien. Les théories de la biophilie et de la restauration de l’attention expliquent ces effets : la nature mobilise nos sens, restaure nos ressources cognitives et favorise un sentiment d’appartenance !


Vous l’aurez constaté, le jardinage a non seulement un potentiel de prévention, mais participe également au processus de rétablissement ! Intégrer le végétal dans les parcours de soins, c’est offrir un espace où la personne ne se sent plus ramené à sa maladie et où l’on peut travailler son regard sur les troubles psychiatriques ; c’est investir dans un outil durable au service de la santé et de la dignité des patients.


Colombe BREGUET, psychologue clinicienne


Sources :

  • Annerstedt, M., & Währborg, P. (2011). Nature-assisted therapy: Systematic review of controlled and observational studies. Scandinavian Journal of Public Health, 39(4), 371–388.

  • Lebeau, G. (2018). Psychiatrie de liaison (Vol. chap. 21). Paris : Lavoisier-Médecine Sciences.

  • Lévy, L. (2024). Le jardin comme outil de soin extra-hospitalier en psychiatrie : étude qualitative explorant le vécu au cours d’une saison de jardinage d’usagers de la psychiatrie [Thèse de doctorat]. HAL/DUMAS. dumas-04567528

  • Joubert, A., Jankowski-Cherrier, B., Rossi, A., et al. (2024). Impact of horticultural therapy on patients admitted to psychiatric wards: A randomised, controlled and open trial. Scientific Reports, 14, 14378.


bottom of page